Ecriture de scénario

Quelques conseils de base

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Voilà quelques conseils que j'ai trouvé sur le net et qui me paraissent pertinents

"Avant tout, je préciserai que pour chacune des recommandations ci-dessous, vous pourrez trouver quinze contre-exemples... dans les best-sellers. Disons que je vais énoncer quelques valeurs sûres - en aucun cas des règles ! Parce que dans neuvième art, il y a "art". Et parmi le public, des adeptes du classique autant que des accros à la narration déstructurée...

1) Connaître son format Une BD c'est 44 ou 46 pages. Pour le format habituel. Ensuite, strip vertical, horizontal, manga, minicahiers, one-shot ou série en quinze tomes... tout est permis et rien ne pénalise particulièrement auprès du public. En revanche, pour l'écriture du scénario, vous devez savoir tout de suite quelle option sera choisie, parce que ça change tout.

2) Penser graphique Dans bande dessinée, il y a "dessinée". Donc si votre héros/héroïne passe 44 pages dans un bar à penser à son positionnement quant au concept d'existentialisme, ça peut être un tout petit peu dommage de ne pas écrire un roman. Evitez donc les scénarios trop bavards (mais on m'objectera les cases ultradrôles et surchargées de texte d'Edika), les huis-clos (manque de bol, exactement l'idée du dernier Pénélope Bagieu, acclamé par la critique) et l'absence de mouvement (raté pour les aventures de Starsky la palourde et Hutch la moule, par Larcenet).

3) Créer des personnages intéressants En évitant les clichés (sauf quand votre thématique repose justement sur les clichés). Le personnage intéressant a toujours des défauts et des qualités (pitié, pas le grand méchant motivé par, euh, faire le mal, mais on ne saura jamais pourquoi). En 44 pages, vous avez assez peu de temps pour développer. Il faut donc que ce soit juste tout de suite. Si votre héros/héroïne est ennuyeux et pas sympa, vous partez de travers. A noter pour vous aider : l'univers n'est pas uniquement peuplé de mecs blancs forts et hétéros. Pensez aux anti-héros, qui cartonnent (par exemple, les jeunes chez Riad Sattouf). Et aux femmes, qui devraient être aussi nombreuses que dans la rue... donc 50% (merci pour nous les lectrices).

4) Concevoir un univers original Quels sont les clichés du genre choisi ? Le guerrier puissant dans la fantasy, le vaisseau spatial pour la SF, l'agent secret dans l'espionnage... Pourquoi ne pas mettre en scène un monde de fantasy reposant sur une reine manipulée, un space-opera où le pouvoir interdit aux citoyens de se déplacer en coulant leurs chevilles dans des bottes en béton, ou une intrigue reposant sur la transparence totale de toutes les informations ? Pourquoi ne pas imaginer des trucs de folie comme des héros mal dans leur peau, ou des femmes portant des armures ailleurs que sur leurs énormes seins ? Ce serait formidaaable.

5) Soignez vos méchants C'est un conseil classique mais c'est vrai : un bon méchant sauvera une mauvaise histoire. Lui donner un motif constitue un bon début (dans le Seigneur des Anneaux, on ne sait jamais pourquoi Sauron est si cruel, et c'est bien dommage). A noter qu'un méchant peut être une personne, un système politique, un phénomène naturel, un dieu, un objet, etc.

6) Amenez du conflit "Les gens heureux n'ont pas d'histoire" : soyez cruel. Sans conflit, il ne se passe rien. Dès le tout début de la conception de l'album, il faut prévoir des désaccords, des intérêts inconciliables, des haines familiales... n'importe quoi pour que les gens aient envie de se taper sur la tête avec un gourdin (ou des mots).

7) Variez l'humour Surtout si vous faites du gag en une page, essayez de faire attention à ne pas toujours tout finir sur, par exemple, un jeu de mot. Comique de situation, absurde, humour noir, quiproquo... relisez les bouquins de Woody Allen ou de David Sedaris si vous voulez un cours particulier. Etre drôle, c'est un boulot.

8) Travaillez le rythme 44 pages de héros qui court après des méchants et les tabasse, ça peut lasser. Veillez à ménager des pauses, des moments contemplatifs, de la vie quotidienne... pour que le lecteur reprenne son souffle mais aussi pour que vos personnages ne passent pas pour des surhumains qui ne font jamais pipi. Le contre-exemple, c'est le film Crank. Mais je me suis endormie devant.

9) Bossez à l'américaine Avec de la documentation et en obéissant au page-turning : cette force qui veut absolument qu'on tourne la page. Rappelez-vous que les pages impaires sont celles qu'on tourne - si vous pouvez, en fin de page impaire, amenez un cliffhanger (fort suspense), une vanne, ou tout simplement une question. C'est comme ça qu'on accompagne un lecteur dans le difficile art de bouger sa main de trois centimètres.

10) La fin justifie les moyens Une bonne fin est censée être à la fois inévitable et inattendue. Si vous faites attention, c'est le cas de la plupart des bons films et des bons bouquins. L'art du scénariste consiste à mettre devant les yeux du lecteur, progressivement, un tas d'éléments qui ne prendront sens qu'à la fin... et ce, sans que le lecteur s'en aperçoive. C'est sans doute le plus compliqué. Et le plus réjouissant :)

Et voilà, il est temps de trouver un dessinateur ! Si vous en avez déjà un pendant l'écriture, pensez à lui faire valider vos étapes d'écriture : lui seul sait quelle dose d'information il peut caser par page, ses conseils sont les plus importants !"

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